jeudi 29 décembre 2011

Des mots sans faille




Longtemps après la faille, les yeux en quête d’amour continuent à chercher.
Le visage qui s’estompe et pourtant s’affirme en mémoire dans l’écho des mots qui courent bouscule les habitudes post-relations.

Les mots se faufilent en longues bribes à travers les couloirs factices du temps.
Ils comblent les fosses marines, construisent des monstres fantastiques, féériques qui recréent des possibles au milieu du néant.

Longtemps après la faille, après l’évanescence de l’amour qui s’est dilué, les mots, encore, résonnent, résonnent, même vidés de leur contenu suggestif, même évaporés en gouttelettes de sueur aigre-douce, ils parlent sans bouger les lèvres, sans retour possible.

Les mots dépouillés de leurs oripeaux des dimanches passés, de leur pouvoir de séduction, de leurs intentions troubles, les mots, dans l’essence même de leurs lettres qui se marient et se démarient, les mots.
Les mots, comme les yeux, ne subissent pas les assauts du temps.
Ils parcourent les siècles, créent des légendes, érigent des chefs-d’œuvre.
Mais sans vanité, sans orgueil.
Ils ne se laissent pas berner par des concepts creux, ils leur survivent …
A l’inverse des hommes qui les tordent, les manipulent, les bafouent, les extirpent, les mots nus ne mentent jamais.


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12 commentaires:

  1. Les mots tus sont-ils bouche cousue, ces mots laids sont-ils mollets?
    Les mots las ne lâchent plus leurs imprécations.
    Les mots tifs ne sont plus tondus dans leur
    morphogenèse..On les trimballe en mot-valise et peu importe le contenu pourvu qu' on ai l' ivresse!
    Toujours changeant et souple dans la semantique,le mot ment mais monumentalement!

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  2. Des mots nus ... quels impudiques, cache donc ces mots que ne ne saurais voir !

    Jolie texte pour finir l'année en beauté :*

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  3. Ils n'est pas de mots pour décrire l'absence...les maux s'estompent, s'effacent mais les mots murmurés restent tagués à jamais. Les maudits mots du passé, dès qu'ils se rangent dans les cases de notre mémoire, deviendraient pure beauté ? J'y réfléchis...

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  4. L'aime haut nu
    L'aime haut seul
    Qui comble le vide
    L'aime haut comme les mieux
    à l'oeil, je ferai ton histoire

    Toujours de la profondeur, du sens et du beau dans tes mots ...

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  5. Les mots dans leur nudité nous renvoient à notre miroir. Et notre miroir, qu'on le veuille ou non, nous renvoie à ce que nous ne supportons pas en nous-mêmes à travers les autres...
    La seule faille que je connaisse ne génère pas des tsunami mais des circonvolutions à l'intérieur de l'âme... Et c'est ça qui, selon, nous fait avancer ou nous flingue l'espoir...

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  6. Que les mots nous aident nous grandissent toujours en ce jour neuf 2012 !
    Meilleurs voeux en pagne-hier, déposés pour toi ...

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  7. Les mots sont-ils autre chose que la sublimation de la réalité, l'incarnation épiphanique de nos rêves ?

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  8. Merci pour Glassworks de Phil Glass...

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  9. @ versus
    Les mots biles de l’écriture ne sont pas toujours transparents.
    Merci pour cette pluie de mots-mages-hic ! A votre santé ou avec thé

    @ JEA
    Tant qu’on ne défaille pas …

    @ LH
    Cette année les mots nus n’ont pas eu froid, réchauffement planétaire oblige (quoique je n’y crois pas vraiment !)

    @ Corinne
    Une fois pétrifiés dans nos mémoires, les mots mènent vie autonome.

    @ Veronica
    Cela me touche même si je joue parfois avec les mots qui ne m’écoutent pas, j’apprécie beaucoup tes délires de mots qui chez toi semblent couleur de source vivifiante ! Meilleurs vœux, je t’en envoie un pagne-hier plein !

    @ The Inner light
    Il y a du vrai dans ce que tu dis et ce soir, je ne suis pas d’humeur contrariante.
    Dans le miroir, parfois le reflet est pourtant agréable à voir et « les mots pour le dire arrivent aisément ». Merci, pour l’instant, essayons plutôt d’avancer …

    @ Michèle
    Je persiste à croire que malgré les sévices que nous nous leur faisons subir, les mots parfois ont vie autonome, ils font semblant de se rallier à nos caprices mais ils gardent leur faculté de se détacher de leurs pseudo-créateurs. L’écriture dans son essence ne dépend pas de la volonté des hommes mais d’un instinct attisé par les mots …
    Enfin, c’est une interprétation personnelle (poussée par des mots venus d’on ne sait où) au lendemain de ces fêtes tellement éprouvantes pour les corps et les esprits (le mien du moins).
    Meilleurs vœux, Michèle, vous qui n’avez pas de chez soi ici mais dont les commentaires sont toujours avisés.

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  10. Tiens, je clique sur ton nom chez moi et voilà que je découvre ton autre blog.
    Belle balade de mots, autonomes ou moins, pas taxés en tout cas, en perspective!

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  11. Colo
    Ici, nous sommes exemptés de taxes, dieu merci !

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