mardi 19 février 2013

A retort et à raison




























J’ai beau chercher
Dans les sangs blancs de sous-vent n’ire
Je n’arrive pas à détecter le mot ment du glisse-ment
Le pas nul-time qui fit dé-faillir.
Nous étions si bien et je ne m’attendais qu’aux miel-heures
Cela aurait pu durer presque jusqu’à une éter-nuitée.
Partie quelques ajours
je t’éperdu de vue.
Quand je suis revenue tu avais presque complètement dis-jonc thé
Sans la moindre explication.
Notre univers collectif s’était reste-train
Jusqu’à peau de chat-malangrin
Que même les mots n’arrivaient pas à trouer…
Entre les cils lances des actes de constriction
Je me demande
Encore
quels torts j’ai semés
Pour de si tardives vendanges …

Petit clin d'oeil à Veronica dont j'essaie en vain d'imiter la virtuosité  avec laquelle les mots se jouent d'elle et de nous !


dimanche 17 février 2013

La petite fille qui vivait dans un ballon.- un texte de Cari Carito

J'ai découvert ce superbe texte de cari carito et ai eu envie de l'illustrer, merci aux "heures de coton" d'avoir accepté cette bien agréable collaboration.

La petite fille qui vivait dans un ballon  

Je l’ai découverte, un après-midi pluvieux, au beau milieu de mes fraisiers. Nena. Elle portait sur elle toutes les couleurs de l’arc-en-ciel : jaune, vert, avec des trainées de boue, un short bleu ciel et d’improbables chaussettes montantes.
-    J’ai perdu mon ballon.
Je n’ajoutai pas qu’elle avait aussi fait une razzia sur mes maras des bois. Ses joues rondes étaient maculées du jus de ses victimes
-    Tu as goûté ?
Elle secoua la tête et me suivit en traînant les pieds dans la cuisine. Elle dévora une épaisse tartine beurrée et je lui servis une tasse de chocolat.
-    C’est toi qui écoutes cette musique ?
Je lui expliquai que Charlie, mon mari, adorait le jazz. Moi ? Non. Mais ça ne me dérangeait pas. Je préférais mettre en route mon poste et écouter n’importe quelle radio.
-    Il y a une balançoire au fond du jardin ?
Un silence
-    Et une cabane aussi. Je l’ai vue.
-    Oui. C’était à mes enfants mais ils habitent loin maintenant et sont bien trop grands.
-    Loin comment ?
-    Glasgow et Lausanne.
A sa mine étonnée, je compris qu’elle ne savait pas où étaient ces villes. C’était un petit bout de huit ans après tout. Peut-être neuf. J’apportais un atlas. Son regard brilla aussitôt.

Lire la suite chez caro carito


mercredi 13 février 2013

Mouchalécran



Sur les crans plus de visites
Dans les airs plus de voix
Sur la page blanche
Une mouche noire
Installée face au vide
Scotchée par une glu virtuelle
Attirée par l’absence de lumière
Composée d’une multitude de couleurs
Elle reste là stoïque
Attend un signe
De ne je sais
Quel reliquat alimentaire.

La pièce autour
Est déserte
Ses sœurs ont émigré ailleurs.
Elle a passé le mur de la virtualité
S’est désintégrée au visible
De l’autre côté du miroir
Les nanoéléments l’ont modelée
Adoptée engloutie.
Il n’en reste que
Quelques minuscules chiures
Noires
Dans le coin septentrional de l’écran.

jeudi 7 février 2013

Banc ensommeillé : arrêt sur image



Sous la veste rouge
Couleur passée
Carré de café
Marbrure d’alcool
Un tablier dépasse
Un fil noir a trouvé là refuge

Dans ses savates grises
Se débattent des pieds
Pour garder leur navire

Elle s’assied
Sur un banc
Dépose ses cabas aux formes
Irrégulières
Baisse la tête
Nie les regards critiques



Elle reste là
Des heures
Placide
Muette au milieu
De la ville tourmentée
Lézarde au soleil soldé
D’octobre

Chez elle
Ça pue le riche
Alors pour sortir de l’apnée
Elle sort
Trifouille les poubelles
La vie des gens
Petits ou grands
S’y affiche dans sa nudité

A travers les objets déchus
Les odeurs putrides
Les papiers graisseux
Perspective des tonnes de trésors
Cachés
Jamais à court d’idées
Ne sera …

mardi 5 février 2013

Un sourire double, un ...

Un sourire
sur un plateau
et les soucis s'envolent...




vendredi 1 février 2013

En parlant de pieds...


Photo Clelia P





















Elle m’a envoyé des pieds
Des grands des petits des niais
Raffinés
Dépoussiérés
Dégingandés
Des pieds à vendre
Au marché sur Ebay

Elle a demandé
A qui c’est
Ces pieds appareillés
Démodés
Dépassés

Elle les a classés
Par couleurs
Par grandeurs
Par usure
Par chaussures

Et du haut
De ces photos
Les pieds parlent encore
Le langage des cor(p)s…

jeudi 24 janvier 2013

Délire d’écrire




J’étais ici dans cet environnement familier à peine sorti des brumes de mars.

Il faisait beau, presque chaud comme si le poêle de bois que je venais d’installer ce matin débordait dans le jardin, emplissait l’espace de senteurs printanières à l’arrière-goût de pin fumé.

Les chats me regardaient d’un air fâché ou hautain …mais n’ont-ils pas toujours ce regard, ces animaux qui ne daignent jamais sourire même dans l’expression d’une rare affection éprouvée ?

J’ai pénétré dans ma petite forêt (sur Google map, elle apparaît vraiment telle) accompagnée de bruits d’oiseaux divers.

Je pensais à toi, à ta frénésie d’écrire n’importe où. Je m’étais installée à la vieille table en bois, un squelette de bois, envahi par les mousses, les champignons, les insectes à peine réveillés de leur sommeil hivernal pas encore visibles à l’œil nu. Seuls les pieds de la table semblent encore tenir noyés dans l’herbe haute, ils ne montrent pas leurs blessures sanguinolentes, leurs lambris de bois …

Une table pour plus de confort que des genoux instables, un livre bilingue français-anglais (je vous jure que je lis la version anglaise d’abord) et des feuilles A4 pliées en deux, un stylo noir qui venait de rendre l’âme, un bleu qui l’avait avantageusement remplacé.

Des cris d’enfant, retour de classe. L’heure du défoulement après l’attention studieuse ou la dissipation prélude des longues stations scolaires.


Je pensais à toi qui écrivais n’importe où, je me demandai si un jour j’aurais pu te découvrir dans ton n’importe où ou seulement l’imaginer. Je me disais que cette » fièvre était parfois mienne. Comme maintenant alors qu’un insecte minuscule venait longer la page blanche en prenant soin de ne pas s’y aventurer complètement de peur de représailles (les insectes ont cette conscience innée du danger, parfois). Un avion invisible arpentait le ciel, une toux d’homme venant impatiente, accompagner les chats d’oiseaux et les meuglements des vaches qui croyaient déjà à cette heure que leurs pis devaient être délivrés.


Dans quelques jours viendrait ce stupide changement d’horaire auquel chaque fois je ne comprends rien, avancer ou reculer, il faut choisir, obéir et que tout le monde abhorre mais que tout le monde suit.

Sauf dans ce petit village (dont j'ai oublié le nom, à moins qu'il n'existe que dans les brouillards de mon imagination)  où ils ont voulu maintenir le véritable rythme du temps et vivent en autarcie par rapport à l’heure dénaturée imposée à tous

Oui, on se préparait aux futures insomnies des soirées claires, aux petits levers sombres comme au début de l’hiver et les vaches le sentaient déjà.


Et moi, ici, j’écrivais n’importe quoi. Ma fièvre d’écrire n’était pas créatrice comme la tienne, mes centres d’intérêt étaient terre à terre, presque visuels …

A travers la haie d’aubépines encore clairsemée, le soleil bas se baignait dans une flaque apparue ces derniers jours dans la prairie voisine presque transformée en esquisse d’étang. Les enfants s’il y en avait eu, auraient aimé patauger dans les flaques dorées puis regarder l’eau s’apaiser pour admirer les reflets naissants. Mais il n’y avait pas d’enfants, seulement des vaches en concert discontinu et des bruissements d’ailes atténués dans les feuillages.


La fièvre d’écrire n’est pas une fièvre ordinaire si elle n’a pas pour origine une maladie bien précise.

Ta maladie est une fièvre d’être, de devenir, elle est en mouvance permanente. Elle trouve ses sources dans tes sentiers détournés.

Est-ce que je voulais t’imiter, est-ce que c’était la manifestation d’un ennui, moi qui prétends ne jamais ennuyer. Ou un manque. Un manque de toi.


En attendant de lire tes délires psychédéliques, me construire une retraite folle, sans raison. Juste laisser les mots suivre la pensée ou la précéder ou s’y superposer ou un réflexe d’écriture automatique.

Je ne sais si je te dirai ma folie, mon manque, ou tout autre chose.

Mais ces vagues de mots qui vont et viennent dessinent un univers qui existe autrement que je le perçois.

Je voudrais partager un moment avec toi, mais je ne le puis, nos ondes sont des choses fragiles et éphémères. Y penser est leur donner une importance qu’elles ne sont peut-être capables d’assumer.

Le soleil s’est élargi, ses contours de plus en plus pour mes yeux qui doivent se réhabituer à la lumière après des travaux de remise à jour dans des lieux mal éclairés.

Au plus il s’élargit, au plus il perd de la chaleur qu’il diffusait cet après-midi.

Ou peut-être qu’il ronge mon inspiration vacillante troublée par le moindre aboiement de roquet.

Qui a dit que la campagne est un lieu de tout repos !



lundi 21 janvier 2013

Le mistral d'Astrid





Cette voix, je la cherchais depuis si longtemps, je ne me souvenais que d’une chanson et un prénom ...Astrid.

Une voix de cristal qui m’avait émue jusqu’à l’âme …lors d’un concours de chant à l’époque où il m’arrivait de regarder la télé.


Je ne sais ce qu’est devenue cette jeune fille, si sa voix a toujours cette faculté d’émouvoir.


Il est vrai que la chanson de Renaud est un merveilleux hymne à l’enfance qui passe…



mardi 15 janvier 2013

Accueil



















 

Viens
Ma maison est un peu déglinguée
Mon visage fissuré de ridules disgracieuses
Mes gestes moins alertes
Mes cheveux clairsemés

Viens
Je compte sur ta bienveillance
Pour ne pas amplifier les défauts
Ne pas t’attarder sur les mots en fouillis
Compatir aux sentimentaleries niaises

Viens
Je t’accueillerai de pied ferme
Malgré les aléas du terrain
Je te donnerai ma confiance
Mon bien le plus précieux

Viens
Dans l’attente
Le café a tiédi
Mais la jarre reste fraîche

Viens
Dans l’obscurité mienne devenue
Je chercherai ta main
Aux lignes nettes
Dans la mienne
anguleuse

Tu fermeras les yeux
Et ton imagination fera le reste
Transformant ma bicoque
En palais légendaire …
Viens
Vite
Avant qu’il ne soit
Tard …

Le choix musical de Francis :
http://www.youtube.com/watch?v=XA-wYNi1dsI&feature=youtu.be

samedi 24 novembre 2012

Pluie rouge





La pluie rouge a tout emporté
Les mégots des illusions
Les crachats des promesses
Les relents de soleil au cœur

La pluie rouge a érodé les sentiments
Créé des sédiments morbides
Dessiné des mâts
Dans l’échancrure des rêves

Au matin la pluie s’était éclipsée
Tu as ramassé ta besace
Et ciré tes chaussures crottées…


Il est pourtant d’autres couleurs de pluie bien plus cruelles,  celle des poussières tombées sur des visages innocents dans l’empire du soleil levant il y a près de soixante ans qui a changé le destin de milliers de familles et qui transportent encore aujourd’hui cette « malédiction » provoquée par la folie des hommes. La leçon n’a pas vraiment porté : une nouvelle fois victime de l’atome l’année dernière…serions-nous des apprentis-sorciers qui jouons les savants fous …ou de simples victimes d’un profit facile aveugle et criminel ?