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jeudi 9 janvier 2014

Longue portée






















Sur la longue portée qui m’emportait, j’ai compté les bécarres, j’ai compté les silences, les bémols, les dièses.
Alignés dans ma botte, ils m’épiaient du coin de l’œil attendant de se mettre en musique.
J’ai couru vers toi, inspirée par ces souvenirs informes dispersés aux coins du vent d’hiver.
L’écho s’il me parlait ne résonnait plus à mes mots, l’écho s’était perdu dans les vagues du non-savoir, du je t’ignore.. l’écho silence aux  allures de glaciation. Mes pensées versatilisées se balançaient fébrilement et toutes les températures du globe n’y pouvaient rien changer.
Tu sais j’aspire à la connaissance, j’aspire à une forme douce de certitude qui ne fait pas partie de la réalité concrète. Est-ce là mon plus grand péché ?
Comprends-tu pourquoi je cherche encore, pourquoi il m’arrive de me révolter contre les vertus exagérées du silence au visage impassible ?
Peut-être me suis-je trompée, peut-être que le silence n’est pas l’exil, peut-être est-il simplement le recul après une décision tranchante qui ne me concerne guère mais qui a  chamboulé mes frêles fondations. Peut-être t’es-tu claquemuré dans une douceur nouvelle, un amour retrouvé où le poids des concessions n’a pas d’importance, où le rêve demeure, funambule suspendu entre un passé dénigré et un avenir prometteur
Peut-être qu’un jour un phénix renaîtra de tes propres cendres en les dispersant au loin comme des souvenirs dépassés. Peut-être cultiveras-tu l’amnésie sans mesure sans recul. Peut-être les ombres du passé reviendront te titiller et découvriront des halos déniés et pourtant à l’époque tellement précieux…Peut-être que le mur que tu reconstruiras avec tes forces nouvelles ne sera plus un obstacle, juste une ouverture …


mardi 17 décembre 2013

Je l'ai toujours su




Je l’ai toujours su ; c’est pour toi et toi seul que j’écrivais.
Même avant la rencontre, tu vivais calfeutré en moi sans que j’en sache rien.
Il a fallu juste une fulgurance pour que mes yeux s’attardent et te découvrent dans ta lumineuse beauté, dans le creux de ton âme où j’aurais pu m’abriter, dans les replis de tes mots où les miens auraient aimé se blottir.
Je l’ai su tout de suite, j’avais pour seul bagage,  les souvenirs de vies antérieures où tu étais âme-sœur, mes pas sur tes pas unifiés, mes traces sur tes traces uniformes, mes pleurs pour panser tes blessures, mes sourires pour obscur-claircir ta pénombre…
Ta joie pour transformer ma peine, ton rire pour relever mes lèvres, tes yeux pour noyer mon regard au diapason du tien, ta musique pour faire vibrer mes cordes
Ta sincérité en miroir à la mienne
Et puis la fin du monde avant le cœur froid de l’hiver, ton silence irraisonné, les fantômes de tes nuits pour obséder mes jours, ta presque palpable évanescence, tes mots devenus sans que rien ne soit dit, clairsemés, absents, inexistants…
Mes gestes maladroits, paroles inexprimées, mon regard éperdu,  fanaux éteints jusqu’au bout  de la nuit et ce mur sans résonance qui avale tes pas …
Dans le monde qui t’a vu disparaître, le vide comble le silence devenu langage ultime, sublimé… là où je n’ai même pas pu te dire adieu …


jeudi 28 novembre 2013

Prison








Ma prison
Barbelés des espoirs
Ouverture sur néant
Quelques touches grises
Sur tes bras décharnés
les vrilles de tes mots
Qui tressaillent
sur mon cœur …
des piliers altérés
qui ne mènent
Qu’en toi
Un ciel bas
Tout empreint de silence …