Sur la
longue portée qui m’emportait, j’ai compté les bécarres, j’ai compté les
silences, les bémols, les dièses.
Alignés
dans ma botte, ils m’épiaient du coin de l’œil attendant de se mettre en
musique.
J’ai couru
vers toi, inspirée par ces souvenirs informes dispersés aux coins du vent
d’hiver.
L’écho s’il
me parlait ne résonnait plus à mes mots, l’écho s’était perdu dans les vagues
du non-savoir, du je t’ignore.. l’écho
silence aux allures de glaciation. Mes
pensées versatilisées se balançaient fébrilement et toutes les températures du
globe n’y pouvaient rien changer.
Tu sais
j’aspire à la connaissance, j’aspire à une forme douce de certitude qui ne fait
pas partie de la réalité concrète. Est-ce là mon plus grand péché ?
Comprends-tu
pourquoi je cherche encore, pourquoi il m’arrive de me révolter contre les
vertus exagérées du silence au visage impassible ?
Peut-être
me suis-je trompée, peut-être que le silence n’est pas l’exil, peut-être est-il
simplement le recul après une décision tranchante qui ne me concerne guère mais
qui a chamboulé mes frêles fondations.
Peut-être t’es-tu claquemuré dans une douceur nouvelle, un amour retrouvé où le
poids des concessions n’a pas d’importance, où le rêve demeure, funambule
suspendu entre un passé dénigré et un avenir prometteur
Peut-être qu’un
jour un phénix renaîtra de tes propres cendres en les dispersant au loin comme
des souvenirs dépassés. Peut-être cultiveras-tu l’amnésie sans mesure sans
recul. Peut-être les ombres du passé reviendront te titiller et découvriront
des halos déniés et pourtant à l’époque tellement précieux…Peut-être que le mur
que tu reconstruiras avec tes forces nouvelles ne sera plus un obstacle, juste
une ouverture …


