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lundi 1 septembre 2014

Dans les flaques


Ce que je vois dans les flaques
Rugueuses ?
Est-ce là ton visage dessiné dans l’esprit
Ton souffle qui imprime un mouvement
Sans rien dire
Ton regard perdu depuis longtemps
Moi éperdue
D’avoir raté l’ondée
Qui semblait redonner vie




Penser que j’aurais pu te toucher  
 
Que je t’ai touché
Au-delà du lexical
Des rencontres de gare
Des étoiles éparpillées sur le tarmac
Ton écharpe d’azur
Seule concession au froid
Ta démarche assurée
Les traversées des rues
petit bonheur la chance
Nos pas bercés par les nuages
Aveugles au trafic gommé
notre émoi
La chaude proximité d’un ascenseur étroit
Les lamelles ombrées
Pour cacher nos soleils
Des percées vers le ciel
Une flèche qui clame
Les gouttes sous le parapluie exigu
le roulis d’un train
Imaginaire et réel
Des silences étouffants
Qui fossilisent le désir
Si...
Te parler
À nouveau

Ce ne sont que des ronds dans l’eau
Auxquels j’ai donné consistance
Des semblants de vérité
Disparus dans ton néant
Le soir
Je veille
Nos souvenirs éteints …




 

mardi 18 mai 2010

Gare




Dans cette gare aux piliers arrogants comme des colonnes d’église, je me confondais avec la grisaille.
Je regardais passer les trains dans leur fulgurance.

Parfois, j’imaginais t’apercevoir à la fenêtre, en grande conversation avec de gentes dames.

C’est drôle, à l’époque où l’on se fréquentait, jamais, tu ne m'avais donné l’impression d’être un séducteur.
Un baratineur, certes, enjoué. Tu me faisais tellement rire.

Une fois, une seule, on a pris le train ensemble, c’était un soir d’automne et il faisait beau dans cet entre jour et nuit.

Oh un trajet très court, une heure voire une heure et demie, encore écourté par la sensation de légèreté et de bonheur qui avait imprégné ce moment rare. Je n’avais rien vu du paysage, que le gris de tes yeux, rien entendu de la ville que le timbre coloré de ta voix.

Tu m’envoyais chaque jour des petits mots griffonnés à la hâte sur des papiers chiffonnés. Je les ai tous gardés, dans une boîte à chaussures. Il paraît que les boîtes à chaussures gardent bien emmitouflées les pensées terre à terre. J’ai parfois soulevé le couvercle mais les mots avaient cessé de me parler, perdu leur force évocatrice : ce n’étaient plus que des hiéroglyphes, incongrus, anachroniques.

Depuis ce jour où tu claquas violemment la porte comme on fait tomber le couperet
d’une guillotine avec non-option de remonter le temps. Il paraît qu’avant de passer au geste fatal, tu m’avais tout expliqué en long et en large les raisons de ton brusque revirement « ça vaut mieux … » « trop de différences » …
C’étaient des mots de lassitude, de jeter après usage, si courants dans une société de vite tout à l’égout. Je n’avais rien compris.
Tout comme au début, je n’avais pas compris cet engouement réciproque pour nos conversations hors du temps.

Dans cette gare où je reste en stand-bye, oh, pas après toi – je ne manque pas de lucidité à ce point -, les têtes coupées avec véhémence ne se recollent pas.