
Dans la galerie marchande
Atours tapageurs
Il m’avait fait le coup des cartes
des chiffres,
des lettres écrites en tout petits (vilains) caractères
et qui l’assumaient sereinement.
Il avait sorti de ses poches
format extensible
tout son attirail magique
des hiéroglyphes
qu’à travers ses mots
il rendait lisibles ou presque.
Ça changeait des colombes
Des lapins
Des foulards
Mais ça volait
Aussi rapide
Avec un effluve
d’entourloupe.
Il observait l’auditoire sceptique
Par-dessus ses verres de presbyte
Et ânnonait des phrases-type
Bizarres
Sorties de quelque grimoire
Poussiéreux
Il disait qu’il avait compulsé
Plein de livres sur cette science obscure
Qu’il les avait synthétisés
En avait tiré le meilleur
Les avait rendus accessibles au commun des mortels
Il trouvait réponse à tout vent contraire
Retournait les arguments comme des crêpes
prêtes à être enfilées
Il décrivait
l’action
le mystère
l’enthousiasme
l’aventure surtout
l’inadéquation de mon couple à mes attentes ou
l’osmose parfaite de ma jeune voisine avec
son amoureux
La fin tragique
Ou les pulsions meurtrières
De quelque autre présent
Je riais
Je savais tout ça
Les numéros qui parlent
Ne pouvaient pas changer
La face d’un monde
Moi seul le pouvait …