jeudi 4 août 2011

Cette « chose »



Je ne croyais pas à la perfection
Cette chose vive
Éclatante
Soutenue par un pinceau
Subtilement orienté
Pour la mettre en valeur

Cette chose n’avait pas toujours
Eté accrochée au mur
Cette chose avait
Vibré dans d’autres espaces
Confinés
Avait répandu ses humeurs
Brumeuses
Défaite
Et reconstruite
Et défaite
Et victoire
Temporaire

Cette chose dont tu avais parlé
Cette chose qui squattait
Tous les sabirs du monde
Cette chose n’existait
Que furtivement
Entre deux secousses interstellaires



mardi 26 juillet 2011

Nature subliminale




Les yeux voient ce qu’ils veulent bien voir, à moins que les objets, les éléments de nature ne prennent forme humanoïde que pour mieux nous intriguer.

Ce visage, je l’ai déjà rencontré.
Quelque part, dans une dimension héroïque ou sentimentale.
Il feignait de ne pas me regarder
Mais je le sais
De coin il m’observait
Longuement
Alors
J’ai fait semblant
Moi aussi

20/07/2011

(Clin d’œil à Arcimboldo)

mercredi 20 juillet 2011

Zoo




Derrière les barreaux serrés
Emmitouflée dans ma belle robe noire
Les yeux en écoutille
Je regarde ces petits d’hommes
Aux gestes saccadés.
Je les entends pousser des cris
D’admiration
D’horreur …
Ils me paraissent
Dans leur chair grassouillette
Bien appétissants
Bien plus que ces pavés
De viande reconstituée
Qu’on me lance avec mépris
Et rudesse
Comme si j’étais un fauve.
Ils ne savent pas
dans mon pays
J’étais princesse
J’étais savane
Et que les meilleurs morceaux
M’étaient réservés.
Un jour peut-être
Un moment d’inattention
Retrouver mes instincts
Rabroués
Et fuir
Au travers des grandes artères
Au rythme chaud
Du goût du sang.

jeudi 14 juillet 2011

Le bourdon





Je n’ai jamais aimé ce garçon.
Plus grand que ses copains de classe, fils unique, il avait un malin plaisir à faire enrager les filles

Dans la cour de récréation, il se faufilait sous les barrières et allait cueillir des orties pour venir les agiter devant les filles en les menaçant de ses grands yeux de bille.
Alors, les petites se terraient dans quelque coin sombre pas loin de l’institutrice qu’il leur disait de se disperser.

Elle ne pouvait même pas imaginer que le fils de sa collègue, la future directrice était ce petit démon ravageur.

Je n’ai jamais aimé ce garçon.
Puis il a grandi et je l’ai perdu de vue.
Quand sa femme est morte, d’un cancer, je n’ai eu aucune compassion pour lui, il affichait cette froide indifférence qui dissimulait sa cruauté congénitale.

Non, je n’ai jamais aimé ce garçon et la réciproque doit être vraie : pour lui, j’étais invisible, à part à la maternelle quand je représentais une paire de jambes juste bonnes à être flagellées.

samedi 9 juillet 2011

dimanche 3 juillet 2011

Pèlerinage




C’est un pèlerinage
Sans but
Sans lieu de culte
Sans idole
Le même voyage
Euphorique la dernière fois
Ici descendu en flammes
Dans les rougeurs ardentes de l’automne

Ta virtualité toujours aussi palpable
Cette fois-ci
À sens unique

Sur les mêmes routes
ton visage dessiné
Sans traits
ta voix modulée
Sans timbre
Ton rire éclaté
Sans écho

Les sommets suisses
Fondus dans la neige précoce des brouillards
Me narguent de ton absence

Je roule en silence
En écoutant mon cœur troublé par l’arythmie
traverser les fissures goudronnées.




lundi 27 juin 2011

Muse



Ton cœur
Bien plus qu’accroché
Les sangles souples de tes seins
Et ce fleuve tranquille
Où se noie ta sueur

Les blés de tes cheveux
Qui fleurent bon la moisson
Et l’or dans tes yeux verts
Qui me pète au visage

Ne manque que ta voix
Sur la toile
Enfermée
Ne manque plus
Que le souffle rauque
De ta bouche endormie …
Un dernier coup de pinceau
Pour dire
C’est terminé

lundi 20 juin 2011

Comme un coup de canon




Elle n’aimait pas le savon
Ou transpirait beaucoup
La fille trapue
Aux bas constamment fléchés

J’essayais de sentir le souffle du vent
Pour dissiper les effluves

Ce jour-là
Dans la salle de gym
On me l’imposa comme voisine
Sur le cadre

Je voyais bien
Sa figure rouge
Constellée de sueur
N’était pas très sportive

Sans attendre le signal du départ
Je filai
Et en deux temps
Trois mouvements
Comme un serpent
Me faufilai jusqu’au sommet

Alors que je jubilai
D’être la première
J’entendis
Un bruit sourd
Énorme
Qui fit vibrer les vitres

Non ce n’était pas le mur du son
La fille trapue
Tétanisée par le vertige
Gisait sur le sol
Quatre mètres plus bas

samedi 28 mai 2011

Le side-car



Sur la route du retour du Cap Nord, un équipage plutôt insolite : une très grosse moto avec un couple, un side-car et une mini remorque à l’arrière. En largeur, ils prennent autant de place qu’une voiture.

Je suis au volant, je suis intriguée. Je les suis pendant plusieurs kilomètres, je trouve l’équipage original et pour changer je me fais un film : je vois le petit passager du side-car, tête blonde (Scandinavie oblige) qui aura plus tard des souvenirs fabuleux de sa petite enfance à raconter.

La route est sinueuse, le motard roule prudemment, il a charge de famille et d’ailleurs la vitesse n’est pas un critère d’appréciation en Norvège.

Je continue de les suivre élaborant mon beau scénario, j’ai envie de connaître ce bébé de près qui a commencé sa carrière de motard si jeune et si j’ose, je demanderai même la permission de le prendre en photo pour étoffer mon livre personnel des records.

Je pourrais lire sur le visage de l’enfant le sourire épanoui de la découverte, le plaisir précoce de se distinguer de ces bébés engorgés dans leurs sièges auto jusqu’au cou et lui, petit cosmonaute dans sa capsule semi-transparente (j’espère qu’il y a une ouverture de fenêtre assez grande pour qu’il puisse admirer ce paysage polaire.

Au bout d’une demi-heure, la moto s’arrête sur un parking. Une femme (au vu de ses formes arrondies sous la combinaison de cuir moulante) desserre son étreinte, rend au conducteur la liberté de son tour de taille. Elle lève la jambe et descend de moto, se penche pour ouvrir le couvercle précieux.

Une grosse masse noire jaillit de la carcasse éventrée.
Le bébé charmeur s’est transformé en un effrayant doberman qui, déjà, me montre ses crocs.
Il sait et depuis un moment que je l’observe et cela n’a pas l’heur de lui plaire. Il me congédie hautainement.

C’est alors que je me rends compte que je me suis trompée d’itinéraire, distraite par le désir inconscient et la curiosité de connaître cette famille.
Son troisième membre qui trônait invisible à mes yeux sur le siège passager du side-car, ne se montrant nullement avenant, je rebrousse chemin sans tarder !




mardi 24 mai 2011

Brisure de vie




Pour pouvoir recommencer ...