Nous sommes presque à l’heure, il fallait
aussi compter sur la circulation en ville, tous les feux rouges de Copenhague
se sont donné les mots, seulement un quart d’heure sur le planning.
Heureusement que la ville n’est pas trop grande et les sémaphores omniprésents.
Le drapeau belge flotte allègrement au
soleil d’un superbe pavillon qui se dresse derrière un grillage sécurisé.
Nous n’avons pas le temps de nous faire
annoncer. Un groom noir vêtu d’une veste immaculée nous interpelle et nous
ouvre la porte. Nous sommes attendus.
On se croirait revenu à l’époque de Tintin
au Congo.
L’ambassadeur et sa femme nous accueillent
dans leur « petit » salon qui est aussi vaste que mon
rez-de-chaussée. Belle lumière filtrée, vue champêtre sur un jardin
parfaitement entretenu.
Sur une table basse, à l’entrée, photo
d’Albert et Paola ; autre table un peu plus loin, même pose classique :
Baudouin et Fabiola. Ici on sent la continuité du concept de royauté.
Nous nous asseyons dans un divan moelleux,
super confortable face à nos hôtes.
L’ambassadeur a dirigé le bureau de mon
mari au moment d’une restructuration, il y a quelques années. Ils ont gardé un
bon souvenir de cette collaboration. « Si vous passez par Copenhague, je
serai content de vous revoir ». On
parle de sujets variés, de la douceur de vivre en Scandinavie, de l’importance
de la lumière si différente et si belle, des sites à visiter dans la région,
des difficultés de la langue notamment dans sa prononciation particulière.
Le serviteur nous a versé le café ou le jus
de pommes et dépose sur la grande table basse un plateau couvert de
mignonnettes rangées soigneusement à la manière des couleurs du drapeau
belge : rouge (Mignonnettes au lait)
doré (variante de jaune pour les mignonnettes chocolat noir) et noir
(chocolat noir de noir)
Raffinement dans le détail patriotique et
clin d’œil à ce monument gastronomique qu’est le chocolat en Belgique
(malheureusement Côte d’or qui a gardé son nom est la propriété de Kraft, mais
qu’importe si la qualité perdure, malgré une évidente fuite de
capitaux !).
Monsieur l’Ambassadeur doit partir, il nous
laisse en compagnie de sa charmante épouse avec qui je converse de ma prochaine
escapade, un jour à Copenhague, les sites à voir dont le diamant noir, la
superbe bibliothèque(comment pourrais-je l’ignorer ?), synthèse
harmonieuse de design et d’art classique…
Nous devons aussi repartir, les vacances
sont finies, peut-être irons-nous faire un tour de ville escortés par de
paisibles cyclistes et admirer la traditionnelle petite sirène, symbole de la
ville, glorifiée par Hans Christian Andersen.
